|
|
||
|
31
|
||
|
|
||
|
vingt soles. Cela s'est veu en un festin fait à Charronne par un nommé Le Noir où il chercha par tout pour avoir les plus beaux brochets et les plus belles carpes que l'on peust recouvrer pour en faire présent ausd. jurez, ensemble plusieurs bouteilles de vin, affin qu'ilz certifiassent de sa capacité; en un autre nommé Doutreleau auquel ilz ont fait couster deux mil sept cens livres en pareille despence; à un nommé Marchant auquel il a cousté troys mil deux cens livres, oultre la faveur d'un nommé Gonnier, son Maistre, qui le conduisoit, sans la faveur duquel et de lad. despence en festins il n'eust jamais esté receu pour n'estre capable.
La raison qui oblige le plus de donner ordre à abolir telle despence est que le pluspart après qu'ilz sont Maistres ilz n'ont plus d'argent pour avoir des drogues, ce qui est cause que le plus souvent ilz sont contraints de donner du qui pro quo, n'ayant qu'on (sic) remède pour toutes maladies.
Mesme il ne se passe pas seulement un espicier auquel il ne cousté quatre cens cinquante livres, scavoir : cent cinquante livres à la boette de la confrairie et le reste à un disner; et sont les jurez appoticaires, qui après jurendie et leurs festins faits, pendant leur temps, tant à leur Chambre, sur Le More, Cormier, et autres cabarets,où ilz sont le plus souvent et en reviennent la pluspart du temps yvres; tesmoing celuy qui fust trouvé dans la boue en la rue de la Harpe avec une bouteille à la ceinture et un autre, depuis naguère, sur le Petit Pont, en retournant aussi d'une Maistrise. Et garde après le qui pro quo !
Et pour monstrer qu'ilz n'espargnent personne, ilz ne voulurent recevoir un nommé Lardière, bien que son père fust lors l'un des jurez, qui pour le respect des arrestz et règlemens de deffenses de faire aucunes despences, ne vouloit faire nul festin; il fust refusé desd, autres Maistres en lad. réception s'il ne faisoit le grand festin et s'il ne mectoit à la boette, ce qu'il fust contraint de faire et luy cousta douze cens livres; et si led. Lardière filz fust renvoie en la réception de son chef doeuvre ce qui causa une grande batterie entr'eux, en leur Chambre, de coups de
|
||
|
|
||