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Selon les critères choisis, le plus riche était Antoine BRULON avec soixante-dix-huit mille six cent quatre-vingt-six livres, mais en tenant compte, cette fois, de l'ensemble des biens mobiliers et immobiliers, connu grâce à un acte de partage, la fortune de Marc III HERON atteignait trois cent vingt et un mille sept cent quarante-sept livres, richesse comparable à celle de gros marchands ou d'officiers de rang élevé. Dans l'ensemble, la fortune des apothicaires de Paris était supérieure à celle des marchands et bourgeois de la ville, en particulier dans la tranche de richesse comprise entre 3 OOO et 10 OOO livres. Comme dans beaucoup d'autres métiers les niveaux de vie n'étaient pas identiques et la pauvreté de certains contrastait avec la richesse de quelques autres. La fortune établissait des clivages comme dans l'ensemble de la bourgeoisie.
La foi religieuse des apothicaires de Paris était vive et se manifestait sous des formes diverses. Ils s'unissaient en prières lors des deux fêtes de la saint Nicolas, dans le cadre de leur confrérie, de très ancienne création. Les prisées d'objets de valeur sont révélatrices de leur dévotion. Les tableaux représentant des scènes de la Passion du Christ, de la vie du Christ et de la Vierge ou évoquant l'Annonciation, la Nativité, et les tableaux des saints, sont innombrables. Tous possédaient des chapelets, des croix, des crucifix, des reliquaires, parfois de grande valeur. Le choix des livres porte également témoignage de leur ferveur religieuse : la Miséricorde de Dieu,