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L'étude des variations du nombre d'apothicaires au cours du siècle, réalisée grâce à des actes conservés aux archives de la Faculté de pharmacie de Paris et à des manuscrits de la Bibliothèque nationale, montre une décroissance dans le dernier tiers du XVIIe siècle (soixante-quinze en 1655, cinquante-deux en 1695). Les causes furent multiples, économiques, climatiques, démographiques (crises de la Fronde, de 1661-1663 et 1693-1694), professionnelles (antagonisme médical, guerre de l'antimoine). Le point d'équilibre des effectifs de la communauté se situe autour de soixante-quinze (soixante-douze apothicaires en 1559, soixante-quinze en 1732).
Cette communauté était en partie formée d'un tissu familial de dynasties et d'alliances. Les HERON représentent un exemple remarquable de constitution d'une lignée d'apothicaires (sept générations du XVIe au début du XVIIIe siècle), qui s'allia à d'autres familles d'apothicaires les DUVAL, VIZET, CABRY, DENIS et BARBIER, en un vaste groupe familial. Les veuves d'apothicaires remariées pouvaient être à l'origine de réseaux familiaux complexes. Ayant le droit statutaire de poursuivre l'activité de leur époux, sous réserve d'engager un serviteur compétent, elles se remariaient aisément avec un maître apothicaire désireux de s'installer. Ainsi Catherine LEGROS est à l'origine de deux dynasties, les FRAGUIER et les PIJART, Marie de ROUSSILLON assura le lien entre