414
Il est possible qu'antérieurement au XVIIe siècle, le marché du sucre ait été partagé entre les apothicaires et les épiciers, conformément au monopole dont disposaient réglementairement ces marchands, mais il est évident qu'au XVIIe siècle les apothicaires l'avaient abandonné au profit des épiciers.
Pour la cire et les ouvrages de cire (bougies, flambeaux, etc.) la situation était la même. A partir de 1625, les inventaires prouvent que les quantités stockées par les apothicaires, qui avaient cependant le monopole de la vente de la cire blanche, étaient très réduites, parfois nulles. A l'opposé, les épiciers investissaient en ouvrages de cire des sommes très importantes : 2064 Lt. dans un cas, 2401 Lt. dans l'autre.
Les capitaux engagés par les épiciers en achats de marchandises étaient très supérieurs à la valeur du stock de drogues et compositions des boutiques d'apothicaires. Ceci est une différence remarquable discriminant les deux métiers, l'un à vocation scientifique orienté vers la préparation de produits à forte valeur ajoutée, l'autre se réservant la vente des produits alimentaires et du luminaire conformément à sa vocation.
Plus de deux siècles auparavant, François Ier avait voulu dissocier les deux métiers en raison du danger potentiel résultant de la manipulation concomitante par les apothicaires de poisons et de substances alimentaires. Mais, la déclaration promulguée le 28 juillet 1518 provoqua de telles protestations de la part de la communauté des apothicaires que le