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SGANARELLE, " tenant une tabatière ", ne s'exclame-t-il pas à la scène première du Dom Juan de MOLIERE " il n'est rien d'égal au tabac : c'est la passion des honnêtes gens, et qui vit sans tabac n'est pas digne de vivre "! (La première eut lieu le 15 février 1665).
Un certain BAILLARD, que E. GONDOLFF 119 croit " assurément apothicaire ", vendait dans sa boutique, rue Saint-Louis près la porte du Palais, du tabac de Virginie et de Saint-Christophe et des tabacs en poudre pour malades mélangés à des drogues diverses : pyrèthre, cyclamen, gingembre, poivre, girofle, cubèbe, euphorbe, ellébore...
En réalité, plusieurs faits prouvent que la vente du tabac à fumer s'effectuait librement, sans le concours de l'apothicaire. Marc VIGIE écrit120 :
"En métropole la culture, la fabrication et la vente du tabac
restèrent libres jusqu'en 1674 ".
Pierre POMET le confirme, en 1694 m :
" Si la vente du tabac nous étoit libre comme il y a une quinzaine d'année, j'en aurois parlé plus au long, mais comme il ne nous est permis que de vendre de celuy que nous sommes obligez d'acheter au bureau à ce destinez, c'est pour ce sujet que je ne parleroy que de ces différens noms. Nous achetions des fermiers du tabac, de deux sortes de tabac, scavoir en corde et en poudre".
II existait des vendeurs de tabac à Paris. A. JAL 122 en cite deux
figurant sur les registres de décès de Saint Sulpice : Emmanuel PIOLLE
qui fut enterré le 23 janvier 1627 et Robert MICHAULT décédé le 8 mai
1628.