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La vente du tabac par les apothicaires
Le 30 mars 1635, un règlement de police de Paris fit défense :
" à toutes personnes de vendre du tabac, sinon aux apotiquaires et par ordonnance du médecin, à peine de quatre-vingt livres parisis d'amende."113
Pour E. GONDOLFF 114 au commencement du XVIIe siècle le tabac était considéré comme un médicament dont on ne devait user qu'avec circonspection. L'usage du tabac utilisé en poudre ne semble pas antérieur à Louis XIII et " c'est sous son règne qu'on commença à éternuer en France " ! 115 Parallèlement la fabrication des pipes en terre se développa rapidement. En 1659, le comte de Soissons obtint du Roi le privilège de vendre seul à Paris " toutes les pipes qui servent à prendre le tabac et petun en fumée. "116 C'est chez les débitants de boissons que s'approvisionnaient clandestinement les premiers fumeurs de pipes, soldats, marins, artisans, etc. en contravention à un arrêt du Conseil du Roi du 23 juin 1629 défendant aux fumeurs de se réunir " dans les lieux publics ou ailleurs" : les fumeries de tabac étaient interdites. Les églises catholique et protestante s'associèrent à la campagne contre l'usage du tabac à fumer. Les injonctions étant inopérantes, un nouveau rappel fut fait le ll décembre 1666 dans le cadre d'un règlement pour la police du
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royaume . Mais la lutte était sans espoir, le combat d'arrière-garde.