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II est évident que les apothicaires avaient abandonné la vente du sucre, si jamais ils l'avaient pratiquée au XVIIe siècle.
La chute des cours au XVIIe siècle ne les encourageait pas à stocker cette denrée ! Jean MEYER 103 a montré que les Antilles françaises avaient presque doublé leur production de sucre de canne entre 1674 (5400 tonnes) et 1683 (9300 tonnes). II estime que l'ensemble de la production américaine (Brésil et les Antilles) était de l'ordre de 50.000 tonnes en 1673.
Les apothicaires ont-ils eu antérieurement le monopole de la vente du sucre ? P. DORVEAUX 104, étudiant l'histoire du sucre au Moyen Age, soutient qu'ils en partageaient la vente avec les épiciers.
L'étude des inventaires après décès d'épiciers parisiens apporte une réponse définitive pour le XVIIe siècle : les épiciers étaient les fournisseurs de sucre de la population. Trois inventaires de marchandises d'épicerie ont été analysés.
. Jacques LAUDET était marchand épicier au Marché aux Poirées, paroisse Saint-Eustache, à l'angle de la rue de la Cossonnerie. L'inventaire est du 4 juin 1614 105. Outre quantité de drogues, cet épicier disposait d'un stock important de sucres sous des qualités variées :