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externe : onguents, cérats, emplâtres étaient toujours en faveur en 1692. Le réputé onguent populeum, dans lequel entraient à côté des bourgeons de peuplier, des feuilles de solanacées et de pavot, est encore admis au formulaire national 1974.
Enfin et surtout, l'inventaire de J. GUENAULT, innovait en créant de nouveaux titres : " esprits " (douze articles), sels fixes et volatils et remèdes chimiques (soixante-huit articles), soulignant ainsi les apports réciproques de la pharmacie et de la chimie. Sous des noms souvent sibyllins, puisqu'il ne pouvait être question d'identifier la substance préparée selon la terminologie chimique, sont décrits des sels de fer, mercure, plomb, argent, zinc et des dérivés antimoniés. La guerre de l'antimoine étant terminée depuis 1666, les préparations antimoniées étaient nombreuses : fleurs d'antimoine, régule, verre, poudre émétique, safran des métaux, foie d'antimoine, beurre d'antimoine, antimoine diaphorétique, tartre émétique auxquelles s'ajoutaient les formes galéniques correspondantes : sirop (préparé avec le verre d'antimoine), vin (obtenu avec le foie d'antimoine). Les dénominations chimiques actuelles ont été précisées dans chaque cas.
On ne peut s'empêcher d'établir un rapprochement entre la multiplicité de dérivés antimoniés détenus par Jacques II GUENAULT et l'action militante conduite en faveur de l'antimoine par son oncle François GUENAULT, meneur de la " troupe stibiale ", selon l'expression dédaigneuse de Gui PATIN. Promouvoir l'antimoine était une affaire de