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" On choisira de véritables fragmens d'hyacinthe, de saphirs, d'émeraudes et de topazes orientales qu'on trouvera chez les lapidaires; on aura aussi de véritables perles d'Orient (...)"
Dans la formule il y avait également de la soie crue, des feuilles
d'or et d'argent, du musc, de l'ambre gris, etc. La composition était
préconisée contre les vers à raison d'une à deux drachmes. Le calcul
indique qu'une drachme contenait 1,3 grain d'hyacinthe et 0,2 grain de
saphir, de topaze, d'émeraude et de perle soit, en équivalent métrique,
69 mg et 10,6 mg respectivement. Le prix d'une drachme de confection
oscillait, selon les prisées, entre 2 et 4 sols ce qui n'était pas cher, mais la
prisée des pierres précieuses est encore plus surprenante : l'once (30,59 g)
d'hyacinthe était évaluée entre 4 et 8 sols, l'once d'émeraude 4 sols !
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E. GUR "' a fourni une explication plausible : une boîte de l'ancienne pharmacie de l'Hôtel-Dieu de Troyes, portant la mention " Fragments de pierres précieuses " ne contenait en fait que des fragments de minéraux divers, quartz impur, pyrite de fer, etc. !
Dans une intéressante étude sur l'emploi en thérapeutique des pierres précieuses, Claude LANET 98 nous révèle qu'il y a en Auvergne de fausses hyacinthes appelées jargons qui étaient probablement utilisées par les apothicaires. Dans ces conditions on peut admettre la modicité du prix de cette pierre qui entrait déjà dans la composition d'un électuaire fameux utilisé contre les fièvres à Rome.