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opposés, Gui PATIN et Guy de LA BROSSE ; ceux-ci s'affrontèrent également sur l'usage de la saignée.
Mais, de la confrontation de ces doctrines qui nous paraissent si désuètes, se développait peu à peu la recherche de l'objectivité.
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L'évolution de la pensée médicale a été analysée par Mirko GRMEK .
" Au XVIIe siècle émerge une sensibilité critique nouvelle dont les deux expressions françaises majeures sont le rationalisme de René Descartes et le scepticisme éclairé de Pierre Bayle (...) Une mentalité nouvelle s'affirme et c'est elle qui constitue l'élément décisif de la " révolution scientifique". Bien qu'elle ne change pas immédiatement la pratique médicale, cette mentalité qui s'établit au siècle de Louis XIV sera l'un des fondements de la médecine moderne ".
En fait M. GRMEK ne voit émerger cette nouvelle mentalité scientifique, prélude au siècle des Lumières, qu'à partir de 1660, c'est-à-dire avec la période coïncidant avec l'apogée de l'activité de Colbert18.
Le Journal des Scavans fut édité en 1665, l'Académie des sciences fut fondée en 1666. Notons qu'un des deux chimistes nommés d'emblée était l'apothicaire Claude BOURDELIN 19'20.
Dans la lutte contre la maladie, le XVIIe siècle " a fait plus que poser des jalons ". Ainsi s'exprime Jean MEYER situant la place du XVIIe siècle dans l'évolution à long terme 21 et rappelant, en particulier,