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CHAPITRE 9
LES INVENTAIRES DE DROGUES ET COMPOSITIONS DES BOUTIQUES D'APOTHICAIRES DE PARIS 9.1. GENERALITES
Après avoir procédé à l'inventaire des biens domestiques trouvés dans l'habitation du défunt, les priseurs, conformément à l'ordre notarial, faisaient l'inventaire des marchandises de la boutique.
Chez un apothicaire, la prisée concernait les ustensiles et, selon la terminologie en usage, les drogues et compositions, ce dernier terme étant parfois remplacé par médicaments composés. Les inventaires d'ustensiles de la boutique ont été analysés antérieurement (chapitre 3, pp 92-116).
Préalablement, il convient de faire quelques rappels étymologiques. Le mot médicament, utilisé depuis 1314, est un legs de l'Antiquité formé à partir de medicamentum, doublet de medicamen, employés l'un et l'autre par Cicéron l. Quant à drogue, dont l'usage est avéré également depuis le XIVe siècle, son origine néerlandaise est la plus probable. Venant de droog, signifiant sec, ce terme se rattache à la famille germanique trocken 2. Les drogues étaient les parties séchées des plantes que les Hollandais importaient depuis l'Orient. Une confirmation est donnée par SAVARY DES BRUSLONS 3 :