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corps de logis indépendants était devenue monnaie courante, le corps de logis de derrière tendant à devenir un double du corps de devant4. Sur les soixante baux que nous avons analysés, les maisons à deux corps d'hôtel sont citées douze fois.
Des schémas des trois types de maisons ont été dressés par les auteurs précités5.
Madeleine JURGENS a également étudié la maison de
l'apothicaire Louis HEBERT, premier officier de justice en Nouvelle
France, premier colon canadien " à tirer sa subsistance lui-même du solff.
Né à Paris en 1575 au Mortier d'or, rue Saint-Honoré, il mourut à Québec
en janvier 1627. Selon la savante archiviste, la maison du Mortier d'or6 :
" (...) était une grande maison comportant un double corps d'hôtel de pierre de taille donnant sur rue et sur cour. Au rez-de-chaussée se trouvaient la boutique et l'arrière-boutique avec, sur le côté, une allée voûtée qui s'ouvrait sur la rue et aboutissait à l'escalier menant aux étages et à la cour; sous l'escalier une porte grillée de fer protégeait la descente vers les caves. Le premier étage carré comportait deux grandes chambres à cheminée donnant l'une sur la rue et l'autre sur la cour, un passage servait d'entrée et, derrière ce passage, un petit cabinet tenait lieu de débarras. Le second étage, pris dans le pignon, était lambrissé sur la rue mais carré sur la cour et comprenait cinq petites pièces dont trois à cheminée. Un grenier recouvrait le tout et le toit était de tuile."
La maison qui existait déjà en 1415 subsiste de nos jours au 129
rue Saint-Honoré, mais le corps d'hôtel a été surélevé de deux étages au
XVIIIe siècle et orné de balcons à chacune des trois fenêtres de façade.
Une plaque au nom d'HEBERT y est apposée. La meilleure description
de cette maison figure, selon Madeleine JURGENS, dans un acte de