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Les verbes " coloquer " (pour colloquer) et " requiert ff (dans le
sens affirmé de prier) sont des termes désuets en ce milieu du XVIIe
siècle mais, pour Pierre CHAUNU,28 :
" Cet archaïsme du vocabulaire rencontre souvent les besoins d'une piété plus dense, plus personnelle, théologiquement mieux informée ".
On retrouve le mot " colloquer " dans le testament de Blanche DUPILLE.
Le préambule et l'invocation du testament olographe de Marc III
HERON, écrit le 12 août 1672 (n° 4), sont différents :
" Au nom du Père et du Filz et du Saint-Esprit, un Dieu en trois personnes. Je, Marc Héron, ay estimé qu'il estoit temps de disposer de mes affaires en bon chrestien, scachant que, de vérité, la mort est de soy indifférante et qu'elle n'a aultre mal en elle que celluy que lui apporte la mauvaise vie précédente et même qu'elle n'est que la peine du péché, lequel estant osté, elle n'est plus qu'un passage à une meilleure et plus heureuse vie. (...) Premièrement, je recommande mon âme à Dieu le Père tout puissant, le priant en toute humilité par le mérite du précieux sang de son Filz Unicque Jésus-Christ nostre Seigneur, par les prières et intercessions de la glorieuse Vierge Marie, de glorieux Sainct Joseph et de toute son église triomphante et militante, de recevoir icelle en son Royaume, qu'il a préparé aux siens dès le commencement du monde; de laquelle grâce, combien que je m'en recognoisse du tout indigne, voire avoir mérité sa juste indignation par l'énormité de ma mauvaise vie, touteffois me confiant en sa miséricorde infinie entre les bras de laquelle je me résigne entièrement, scachant qu'il a tant aymé le monde, qu'il a donné son Fils Unicque à ce que tous ceux qui croyent en Luy soient sauvés et jouissent de la vie éternelle. Je le prie doncques comme faisoient ses Saincts Apostres d'augmenter en moy la Foy et de me la donner telle qu'il fit au bon larron jusques au dernier soupir de ma vie, Luy disant, Seigneur, souvener vous de moy et me donner vostre Royaume. "
Ce discours sur la mort est d'une réelle beauté et traduit une
grande piété christique.
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