175
Gui PATIN était un maître de l'amalgame associant son opposition irréductible à l'antimoine à sa haine des apothicaires accusés de tous les maux.
Cependant de nombreux médecins étaient acquis à l'antimoine et, à la majorité des voix, les médecins de la Faculté, sous l'égide de leur doyen Philippe HARDUYN DE SAINCT-JACQUES introduisirent le vin émétique d'antimoine au Codex de Paris de 1638. Le 26 mars 1652, soixante et un docteurs-régents de la Faculté certifièrent officiellement les vertus purgatives de l'antimoine. Enfin, un fait décisif survint en 1658 : la guérison, grâce au vin émétique (p. 392), de Louis XIV, atteint de fièvre typhoïde (?) , au cours de la campagne des Flandres. L'effet purgatif fut spectaculaire, le Roi alla vingt-deux fois à la selle ! La Faculté de médecine se prononça, le 29 mars 1666, en faveur de l'antimoine, par quatre-vingt-douze voix sur cent deux, avis que le Parlement entérina le 10 avril 1666. PATIN mourut six ans plus tard.
Pour conclure, nous pensons que la conjonction de différents facteurs, économiques, démographiques mais surtout professionnels peut expliquer la décroissance, transitoire, du recrutement des maîtres apothicaires à la fin du XVIIe siècle. Au début du XVIIIe siècle, les antagonismes médico-pharmaceutiques atténués, la disette mieux contrôlée, l'immatriculation des apprentis put reprendre. Les épidémies, nombreuses en cette fin de règne (dysenterie, fièvre typhoïde), n'étaient