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Les apothicaires commençaient à souffrir de cette concurrence médicale d'autant que Gui PATIN, futur doyen de la Faculté de médecine (en 1650), avait pris la tête de la croisade dirigée contre les préparations antimoniées et les apothicaires. En effet, Philbert GUYBERT (qui avait remis son bonnet de docteur à Gui PATIN en 1627) mourut en 1633.
Dans une de ses célèbres Lettres,107, Gui PATIN fait part de sa
jubilation à son ami FALCONNET, médecin à Lyon (18 juin 1649) :
11 (Les apothicaires) ne méritent pas cette grâce d'entrer en composition avec leurs maîtres (les médecins) desquels ils devraient dépendre absolument. Si vous voulez empêcher qu'ils n'entreprennent et n'empiètent rien sur vous il faut que vous les fassiez souvenir du Médecin charitable, avec lequel lorsqu* il ne valoit qu'un sol ou deux nous avons ruiné les apothicaires de Paris. "
Un peu plus loin, il poursuit :
" De sorte que les apothicaires d'à présent ne se trouvent guère en besogne que pour les étrangers logés en chambre garnie; et, hors de cette rencontre, je vous puis dire avec toute vérité qu'ils ne devroient point faire d'apprentis, leur métier étant si sec que personne n'a envie de s'en mêler aujourd'hui. "
Effectivement le recrutement des apprentis se tarissait comme l'indique la diminution du nombre de réceptions à la maîtrise à partir de 1640 (cf. ci-dessous, p. 176).
Dans une autre lettre du 2 mai 1660, Gui PATIN fustige à
nouveau les apothicaires :
11 Tant que nous aurons de la casse, du séné, du sirop de roses pâles, nous pourrons toujours continuer à délivrer Paris de la tyrannie et de la trop grande cherté des parties d'apothicaires. Le monde est aujourd'hui trop pauvre, ces dépenses, lorsqu'elles n'étoient que médiocres, auroient pu être tolérables sur la fin du bon roi Henri IV, jusqu'environ 1625. "