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Les préparations antimoniées préconisées par le médecin suisse PARACELSE, trouvèrent un écho favorable auprès d'apothicaires montpelliérains et parisiens. Cependant, le Parlement de Paris, en 1615, décréta que l'antimoine est un poison et en interdit la vente. Les apothicaires passèrent outre, ce qui déclencha les hostilités menées par des médecins opposés à l'antimoine.
Parmi ceux-ci Philbert GUYBERT, docteur-régent à la Faculté de médecine, publia en 1623 un ouvrage au succès phénoménal Le médecin charitable 104 dans lequel il indiquait comment se procurer des drogues et médicaments en les achetant chez les épiciers, droguistes et herboristes, court-circuitant ainsi les boutiques d'apothicaires. Quelques années après il compléta son livre dfun nouveau chapitre U apothicaire charitable, ouvrage de pharmacie populaire. En 1626, la Faculté de médecine décida d'installer sa propre officine, de vendre directement ses compositions et d'initier les étudiants à la préparation des médicaments. P. GUYBERT fut chargé de l'enseignement et installa chez lui, rue Saint-André-des-Arts, son laboratoire de démonstration pour les étudiants 105. Notons que la Faculté de médecine, à cette époque, avait tenté de se substituer aux apothicaires pour créer un jardin des simples sur les terrains de l'hôpital de la Charité Chrétienne, rue de Lourcine, offre rejetée par décision du Grand Conseil, en 1624 (cf. pp. ll et 129) 106. Deux ans plus tard le Roi approuvait la fondation du Jardin royal.