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3-6. L'ENSEIGNE
Létude de la taxe des boues, que nous développons chapitre 4, nous a permis de relever des enseignes des boutiques d'apothicaires, vers 1637. Leur nombre est modeste : trente-trois enseignes ont été dénombrées par les quarteniers pour cent vingt-huit maisons, soit vingt-cinq pour cent. La référence à la profession est rare : le Grand mortier chez BURJAT rue de Harlay, le Mortier chez BARLEDUC, rue Saint-Jacques. Les saints sont parfois évoqués : Saint-Jacques (deux fois), limage Notre-Dame, Sainte-Veronicque; les animaux, plus fréquemment : l'Aigle d'or, les Trois poissons, le Loup, la Chèvre qui paist, le Papegault, le Lion d'or, la Corne de cerf, le Lièvre. L'or, à la consonance flatteuse, est fréquent: le Chasteau d'or, l'Aigle d'or, le Soleil d'or couronné, le Lion d'or. Enfin des enseignes diverses ont été notées : la Souche, le Plat d'estain, le Bourdon, la Barbe blanche, les Mailletz, le Chappeau rouge, le Chariot de fer, le Miroir, la Boulle noire, le Sabost.
Le quartenier n'a relevé aucune enseigne dans les quartiers Sainte-Avoie et le Temple, Verrerie, Saint-Antoine, ainsi que dans les faubourgs Saint-Germain et Saint-Jacques, ce qui ne signifie aucunement qu'il n'y en avait pas. Notre relevé est conforme aux observations de J.-P. BABELON sur les enseignes31:
" Leur symbolisme traditionnel empruntant à l'iconographie religieuse, aux animaux, aux fleurs et aux fruits et combiné en naïfs rébus, n'est jamais en rapport avec le commerce qu'elles signalent; elles sont seulement un signe de reconnaissance et la seule adresse possible en ces temps où la numérotation