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la joignons en annexe (Annexe 5, t. II, p. 30). Cette adresse au Roi ne
pouvait avoir le ton sarcastique employé par DU RUISSEAU, mais, en
raison des extravagances quelle révèle, un humour involontaire sfen
dégage. Nous en extrayons ce passage :
" (...) led. Lardière filz fust renvoie en la réception de son chef-d'oeuvre ce qui causa une grande batterie entreux, en leur Chambre, de coups de poings, ruez les uns contre les autres, à cause de la bonté du vin et bonne chère. "
Et, cependant, LARDIERE père était alors juré de la communauté... gare à ceux qui ne pouvaient offrir le "grand festin " !
E.-H. GUITARD, fondateur de la Revue d'Histoire de la Pharmacie, considérait " que ce Du Ruissseau a fortement exagéré ",52 Que nfavait-il lu la supplique adressée au Roi par les compagnons apothicaires !
Les dépenses auxquelles les aspirants apothicaires devaient faire face pour parvenir à la maîtrise pouvaient être considérables. Dans leur Pleinte et remonstrance au Roi, les compagnons apothicaires affirment que tel maître :
"(...) pour se faire recevoir a desbourcé troys mil livres, à dfautres deux mil huit cens et aux moindres deux mil six cens.ff
Ils citent encore :
(...) un autre nommé Doutreleau auquel ilz ont fait couster deux mil sept cens livres en pareille despence; à un nommé Marchant auquel il a cousté troys mil deux cens livres (...) "
Ces dépenses sont telles que, lorsqu'ils ouvrent leur boutique :
" (...) ilz n'ont plus d'argent pour avoir des drogues, ce qui est