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1.6. LES APOTHICAIRES ET LA MAITRISE DfEPICERIE : L'APOTHICAIRE-EPICIER
Pendant des siècles la thérapeutique a essentiellement reposé sur l'emploi de médicaments extraits du monde végétal et, en particulier, les épices dont beaucoup étaient utilisées comme remèdes. D'origine souvent lointaine les épices, qu'elles soient destinées à la thérapeutique ou à la table, étaient vendues indifféremment par les épiciers ou par les apothicaires. Comme les épiciers ne se privaient pas non plus de vendre les plantes médicinales, les simples, il en résultait une confusion entre les activités des uns et des autres qui se prolongea jusqu'au début du XIIe siècle, époque à partir de laquelle une certaine spécialisation apparue : les épiciers continuèrent à vendre les épices alimentaires tandis que les apothicaires conservèrent les épices pharmaceutiques qui devinrent les drogues.
Le chevauchement des activités, volontaire ou non, était inévitable et il convenait de réglementer les deux métiers. Ce fut l'objet des lettres patentes de Charles VIII de 1484 érigeant en métier juré les deux marchandises (cf. p. 6) :
- apothicaires et épiciers, après quatre ans d'apprentissage, étaient tenus de réaliser un chef-d'œuvre chacun en son regard, donc un chef-d'œuvre distinct et spécialisé (art. 1) ;
mais les épiciers ne pouvaient exercer l'apothicairerie :
" (...) que doresnavant nul espicier, en nostredite ville et cité de Paris ne se puisse mesler du fait et vacation d'appoticaire (...) se