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II
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Selon le Dictionnaire de Godefroy (IXe - XVe siècle) l'apothicaire est "celui qui tenait une boutique où il vendait des médicaments", définition que complètent de façon identique les Dictionnaires de Furetière (XVIIe siècle) et de Trévoux (XVIIIe siècle) : "Qui exerce cette partie de la Médecine qui consiste en la préparation des remèdes" et Trévoux ajoute : "Qui fait et qui vend les remèdes ordonnés par les médecins".
Le Dit des patenostres , écrit en 1320, invitait à prier :
Pour les gens de mestier au monde nécessaires, Pour fevres, mareschaux et por aposticaires Qui vendent les cyrops et les bons laituaires.
Cette pieuse incitation nous offre une transition, car la
dénomination apothicaire fut d'abord appliquée au moine qui, dans les
couvents, était chargé de la pharmacie : Vapothecarius. Attesté au VIe
siècle, fréquemment usité aux IXe et Xe siècles, ce terme est lui-même
dérivé d'apothêkê, signifiant entrepôt, réserve, mais non pas boutique,
fausse étymologie reproduite par certains dictionnaires tel que Le
Robert2 : l'apothicaire n'était pas un boutiquier 3 ! P. RAMBAUD 4 a
montré qu'au monastère de Saint-Hilaire, en Poitou, le moine Salomon
signait apotecarius, en 967, et que parmi les religieux de l'abbaye de
Bourgueil, un certain Maigandius avait le titre d'apotecarius en 1063. Au
XIIIe siècle apotheque et apotecaire se laïciseront, le second terme
s'appliquant désormais au marchand qui prépare et vend les remèdes alors
qu'apotheque formera un nouveau rameau qui, par déformations
successives, engendrera boutique et... boutiquier.
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